Medicare Libéral

DASRI : bien gérer les déchets de soins à risque infectieux en Martinique

Publié le 05/09/2026

Tout professionnel de santé qui réalise des actes de soins produit des déchets d'activité de soins à risque infectieux, communément appelés DASRI. Aiguilles usagées, compresses souillées, matériel de perfusion : leur gestion n'est pas une option mais une obligation réglementaire, encadrée par le Code de la santé publique, qui engage la responsabilité du professionnel jusqu'à l'élimination finale du déchet.

Le premier réflexe est l'utilisation d'un collecteur adapté dès la production du déchet, et non un simple sac ou une poubelle classique. Les collecteurs certifiés NF répondent à des exigences précises de résistance à la perforation, essentielles pour les objets piquants et coupants comme les aiguilles. Les formats mini, autour de 0,6 litre, sont particulièrement adaptés aux tournées à domicile : compacts, ils se glissent facilement dans une trousse de soins sans occuper un espace excessif, tout en garantissant la même sécurité qu'un collecteur de plus grand volume.

Un point technique mérite d'être connu : certains collecteurs sont autoclavables à haute température (134°C), ce qui permet une stérilisation avant élimination dans certaines filières. Cette caractéristique, indiquée sur l'emballage, n'est pas systématique et dépend du modèle choisi — un critère à vérifier si votre circuit d'élimination l'exige.

La collecte ne s'arrête pas au remplissage du collecteur. Une fois plein aux trois quarts environ (le seuil de remplissage maximal est indiqué sur chaque collecteur), il doit être acheminé vers une filière d'élimination agréée. En Martinique comme dans les autres territoires antillais et guyanais, plusieurs prestataires assurent la collecte des DASRI auprès des professionnels libéraux, généralement via un contrat annuel avec ramassage périodique. Il est indispensable de conserver les bordereaux de suivi remis lors de chaque enlèvement : ils constituent la preuve de la traçabilité de l'élimination en cas de contrôle.

Pour les infirmiers libéraux qui interviennent principalement à domicile, la question du stockage intermédiaire se pose fréquemment. Les DASRI produits chez un patient ne doivent jamais être laissés sur place ni jetés dans les ordures ménagères : ils doivent être rapportés par le professionnel jusqu'à un point de collecte ou stockés temporairement dans des conditions conformes (à l'abri de la chaleur et de la lumière directe, hors de portée du public) avant enlèvement par le prestataire.

La chaleur tropicale constitue justement une contrainte spécifique à la zone Antilles-Guyane : un stockage prolongé de déchets biologiques dans des conditions de forte chaleur accélère la prolifération microbienne et peut générer des odeurs, ce qui renforce l'intérêt d'un enlèvement fréquent plutôt que d'une accumulation sur plusieurs semaines.

Enfin, un déchet mal trié — un DASRI jeté dans une poubelle classique, par exemple — expose non seulement à un risque sanitaire pour les agents de collecte, mais également à une responsabilité juridique et à des sanctions en cas de contrôle. Former son équipe (remplaçants, collaborateurs) aux bons gestes de tri fait partie intégrante d'une gestion rigoureuse des DASRI, au même titre que le choix du matériel.

En résumé, une gestion conforme des DASRI repose sur trois piliers : un collecteur adapté au volume et au risque de chaque tournée, un circuit d'élimination fiable avec traçabilité documentée, et une vigilance renforcée face aux contraintes climatiques locales.